Le port spatial Européen utilisera plus d'énergies renouvelables

Emmanuel

11 novembre 2020

Le port spatial européen situé à Kourou, en Guyane abritant les stations de contrôles et de lancement des fusées Ariane consomme aujourd'hui jusqu'à 20% des productions d'énergie de la région. C'est l'information donnée dans un communiqué par l’Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d’études spatiales (CNES). Dans ce même communiqué, ces deux agences ont partagé un objectif de produire 90% de l'énergie consommée avec des énergies renouvelables pour fin 2025, objectif approuvé durant le Space19+. Il est communiqué également que " L’ESA a l’intention d’augmenter sa contribution au développement durable de notre société, d’éviter les impacts négatifs sur l’environnement et de maximiser les effets positifs ".

Derrière cet objectif, existent deux enjeux majeurs. Le premier enjeu pour le port spatial est de lutter contre le réchauffement climatique grâce à l'utilisation de plus d'énergies vertes. Suivant les objectifs donnés, il est d'ailleurs noté que " En atteignant cet objectif, le Port spatial de l’Europe serait très en avance sur les objectifs de la COP21 ". Le second enjeu est économique, car la facture annuelle s'élève à plusieurs millions d'euros dus pour moitié à la climatisation des bâtiments et pour autre moitié aux " processus énergivores liés aux ergols liquides et solides " et l'utilisation de ces nouvelles énergies permettrait de réduire la note.

Production Énergétique de la Guyane

Aujourd'hui, selon un rapport d'EDF de 2015, la production d'énergie de la Guyane repose principalement sur les sources suivantes :

  • Hydraulique (54.1 %)

  • Fioul (38.4%)

  • Photovoltaïque (6.2%)

  • Biomasse (1.3%)

Plus généralement, la part de l'hydraulique oscille entre 50% et 75% selon les années et les conditions météorologiques.

Nouvelles sources d'énergies

Pour atteindre cet objectif, un premier moyen est la mise en place de champs solaires d'une " puissance totale allant jusqu’à 10 mégawatts crête " qui sont prévus pour début 2023. Cette même année seront construites des unités biomasse dont la chaleur sera utilisée pour la climatisation. Ces unités consistent à " produire un biogaz au moyen de bois mort ", et " le dioxyde carbone produit est compensé par la séquestration naturelle du dioxyde de carbone de l’air ". L'ESA estime que ces constructions permettront l'économie de 50 gigawattheures par an ce qui constitue une estimation de réduction d'émission de Co2 d’environ 45 000 tonnes.

Ces objectifs ne concernent pas les fusées elles-mêmes, celle-ci continuant à utiliser leur moyen de propulsion actuel.

Source : L’ESA et le CNES font le choix des énergies renouvelables pour alimenter le Port spatial de l’Europe (ESA)